Je suis tombée par hasard (par chance ?) sur un site TRES intéressant : Toits alternatifs

Ca parle de façons d'habiter alternatives, écologiques, libres, souvent hippies/hobo, avec peu d'argent, en consommant peu d'énergie, en communauté... Avec notamment de nombreux exemples, plus ou moins détaillés. Par exemple Laurie qui vit seule dans son van, Emma qui vit en autarcie complète dans une hutte dans la forêt depuis 17 ans ou la maison Kerterre, écologique.

 

Kerterre-construction-écologique

(du coup j'ai piqué toutes les images sur le site des Toits Alternatifs) (celle-ci (c) kerterre.org)

 

Oui oui, c'est des "trucs de hippies", mais en fait pas tant que ça. Pour moi, ce sont surtout des "trucs" de gens qui cherchent à être libres, chacun-e à sa façon. Et qui ont osé sauter un pas que la plupart des gens ne sautent pas. Aller au bout d'une idée, malgré les difficultés et l'opinion publique "c'est impossible".

Vous savez, les choses impossibles, elles commencent à me connaître pas mal. On est devenues potes, elles et moi, ces dernières années. Me barrer 4 mois au Québec sans dépenser un rond, aller vivre en Suède sans parler un mot de suédois, l'apprendre sans cours en une année, devenir musicienne pro sans formation universitaire, faire les trajets Suisse-Suède en train pendant 2 ans, déménager avec quatre instruments de la même manière... C'est pas forcément spectaculaire mais j'ai appris à douter du mot "impossible".

 

cabane1(Barcraft TV)

 

En ce moment, je suis en grandes réflexions, vous savez.

Ces 2-3 dernières années, je suis devenue une chose qui me faisait rêver depuis toujours : une voyageuse. J'ai quitté mon pays, je suis allée me frotter à d'autres terres, d'autres langues, d'autres mentalités (j'adore littéralement les Scandinaves et j'ai l'intention de vous saouler avec, vous êtes prévenu-es), d'autres climats. J'ai appris à faire en 30 minutes un sac pour 3 mois, à préparer ma bouffe de voyage (26h en train sans accès à l'eau, sans rien acheter), à me repérer dans une gare en deux secondes, à dormir n'importe où, à utiliser l'étymologie pour comprendre ce qui se dit autour de moi. J'ai presque tout fait en train et sur mes deux jambes, toutefois à la fin j'ai adopté un meilleur ami : Belzébuth, mon diable très costaud qui épargne mon dos. Il grince un peu mais porte trois fois plus que moi sans se plaindre.

Bref je voulais plutôt parler de mes réflexions actuelles, en fait. Le voyage j'ai adoré mais je sature. J'en peux plus des trains, des gares, des gens, du pain de voyage (même maison avec des super graines dedans). J'ai besoin de me poser...

... pourtant je veux toujours ressentir cette liberté incroyable qui m'a fait tant de bien. Le monde sous mes pieds.

 

vivre-en-dehors-de-la-société-de-consommation-famille

(David Baché)

 

Mais j'ai besoin de me poser, donc. Mes deux gros problèmes, en voyage, ce sont mes instruments et mon artisanat. Les instruments, le souci c'est qu'un violon ça ne pèse pas grand'chose, mais une nyckelharpa c'est déjà plus conséquent et que je les aime trop tous les deux pour choisir (bon je prends toujours la nyckel dans ce cas, car c'est elle qui me permet de gagner ma vie dans la rue). Et puis la famille s'agrandit gentiment, de toute façon. Et l'artisanat, quand il s'agit juste d'un tissage, encore ça va. Mais tisser dans les trains, j'ai fait et c'est galère. Y'a pas assez de place et pour tisser faut pouvoir s'étaler un peu. Et je couds aussi, beaucoup... et le tissu, c'est vite lourd. Tout ça prend de la place dans le sac, du poids sur le dos (mes sacs sont toujours à moitié pleins de laines, de fils, de tissus). Et je commence à bricoler des instruments, aussi...

Bref, j'ai besoin d'un atelier. Et c'est pas portable dans le sac, ça (les outils, encore... mais la matière, le bois, on oublie). Et de place pour mettre mes instruments, prendre soin d'eux et les faire sonner sans déranger personne.

 

camionnette-aménagée-désert(vandogtraveller.com)

 

Et puis j'ai envie de me poser, aussi. Le problème du voyage, c'est le manque de lien à la Terre. On a un lien à la Terre entière, oui, mais pas à un terroir. On n'a pas son jardin, ses plants de patates qui poussent à vue d'oeil. Et ça, ça commence à me manquer fichtrement. Je n'ai pas les doigts verts mais j'aime les planter dans l'humus. Puis je suis casanière, en fait, finalement. Je connais maintenant environ 8 cuisines par coeur (celles où j'ai squatté le plus longtemps), avec la place de chaque objet... c'est chouette mais ça fatigue. J'aimerais bien avoir MA cuisine, pour changer. Pouvoir mettre l'éplucheur où je veux, voyez.

Je vis chez mon oncle et c'est super, j'ai la place et toutes les permissions du monde pour m'étaler (j'ai le droit de peindre les murs avec toutes les couenneries que je veux, c'est vous dire). Mais c'est temporaire. J'adore le coin, mais ce n'est pas CHEZ MOI. Parce que c'est chez lui, déjà, puis parce que ce n'est pas là où je veux vivre. C'est dans un gros village, la forêt n'est pas loin mais il faut quand-même traverser la moitié de la zone résidentielle pour l'atteindre. J'ai pas de terrain, juste un micro jardin orienté plein Nord. Et puis ce n'est pas en Scandinavie. Je suis contente d'être rentrée en Suisse, mais je ne vais pas pouvoir y rester. Mon pays, maintenant, c'est là-haut.

 

vivre-en-van-en-couple-VW

(Idle Theory Bus)

 

Alors je réfléchis. Envie de me poser, mais les contraintes, personnelles ou officielles, sont nombreuses. Acheter du terrain coûte cher, enfin du moins en Suisse, il faut que je regarde en Suède, ça doit dépendre de bien des facteurs. Une vraie maison ou une cabane ? Les autorisations, ça se passe comment ? Je considère aussi vivre dans un van ou quelque chose, mais je sens déjà que je risque de m'y sentir à l'étroit... Je suis grande et j'ai du matos, comme déjà dit. C'est pas que je sois accumulatrice de richesses, pas du tout. Mais je suis incapable de jeter un bout de beau bois qui pourrait servir à tourner une cheville de violon un jour.

Je vais toutefois garder ouverte la porte du van, parce qu'en tant que musicienne, c'est justement important de pouvoir emmener toutes ses bestioles avec soi. Et loger pas cher, en festival par exemple. Et puis j'ai des projets liés à ça, enfin UN projet pour le moment, qui devrait se concrétiser l'été prochain (2017) si j'y arrive. Du coup voilà, j'ai tenu jusqu'à 25 ans sans permis de conduire, mais aujourd'hui je m'y plie. Pas que ça me plaise, vraiment pas, mais la liberté que peut m'apporter un véhicule à moi n'est plus possible à ignorer. Du coup j'ai passé l'examen théorique aujourd'hui et je commence à apprivoiser des voitures en vrai à partir de tout de suite. Quelle chose bizarre !

Par contre je sais bien que ce ne sera que provisoire aussi, qu'une clef de mobilité que je n'utiliserai pas souvent. Comme dit, j'ai besoin de poser mes pieds par Terre, plutôt. Produire ma nourriture, avoir des abeilles et des moutons. Connaître par coeur chaque gravier des sentiers autour de mon chez-moi. Et puis... les maisons légères, en Scandinavie, c'est pas franchement viable. J'aime le grand Hiver, moi, la neige, le froid, tout ça. La plupart des gens qui vivent nomades aux US ou en Europe descendent au Sud en Hiver. Ce que je ne ferai jamais. Je suis une fille du froid. Ouais je sais, je suis têtue comme pas permis, j'ai mes idées et je refuse de les modifier quand elles me tiennent à coeur... Mais c'est ptet le meilleur moyen de repousser le mot "impossible" ?

 

hiver-vivre-dans-une-cabane

(Foster Huntington)

 

Un post assez décousu mais j'espère qu'il vous a plu. Dites-moi ce que vous pensez de tout ça ! Avez-vous déjà vécu dans un van ou une cabane ? Ou projetez-vous de le faire ? Pour quelles raisons ? Où ? Comment ? Seul-e ou avec d'autres gens ? Connaissez-vous des communautés de gens ? Ou un-e hurluberlu-e qui vit au fond des bois ? Êtes-vous plutôt proche de la Terre, du terroir, ou nomade ? Si, comme moi, vous vous sentez un peu des deux, comment conciliez-vous cela ? Dites-moi TOUT !