La Chevelue

26 août 2016

Espèce de touriste !

Je suis tombée ce midi sur un article simple, concis et bien écrit de Mr Mondialisation. Ca parle de pourquoi il ne faut pas aller faire les touristes en Islande. Notamment si on aime vraiment ce pays, sa nature si belle et sauvage, et d'autant plus si on aimerait pouvoir encore l'admirer.

L'article est ici.

 

C'est un paradoxe que je trouve assez terrible et qui pourtant prend tout son sens de nos jours : si on aime un endroit de la Terre, situé loin de chez nous, mieux vaut ne pas y aller. Car le tourisme détruit le lieu en question. Autant ne pas rajouter notre contribution au massacre... même si ça fait mal au bide de renoncer à un rêve.

Aldo Leopold, cité par Sylvain Tesson dans son merveilleux bouquin Dans les forêts de Sibérie (je reparlerai de Tesson bientôt, vous n'y couperez pas), écrit : "Toute protection de la vie sauvage est vouée à l'échec, car pour chérir nous avons besoin de voir et de caresser et quand suffisamment de gens ont vu et caressé, il ne reste plus rien à chérir." Je ne sais pas si je suis d'accord avec la première affirmation, mais je le suis entièrement avec la suivante.

Si l'on veut protéger, n'envoyons pas les foules...

Comment les éduquer alors ? Comment leur montrer cette beauté sans les y envoyer ? Pas évident. J'ai envie de dire que la vidéo est peut-être un moyen. Les films documentaires font rêver, savent présenter la vie sauvage et les lieux reculés, et ce n'est alors qu'une petite équipe de caméramans et de scientifiques qui se rend sur place. Seulement le souci, c'est qu'après les gens veulent aller voir par eux-mêmes... Et c'est là que commence le tourisme, et c'est là que débute le massacre. C'est là que nous pouvons agir, chacun-e, en se contentant du documentaire et en n'allant pas voir par nous-mêmes, justement.

Frustrant ? Oui. Dites merci aux autres, aux foules. Vous en faites partie. Nous en faisons tous partie. Et si on veut que "les gens" cessent de faire des conneries, eh bien commençons par notre pomme...

Islande-8336-©P

(c) Patrick Galibert


17 août 2016

Chevelue pas mourue

Salut les martres !

Non je ne suis pas morte, j'ai juste été extrêmement occupée et ai mis le blog en pause. Vivre en Suède m'a beaucoup occupée et surtout ma musique, la danse et les langues étrangères m'ont pris énormément d'énergie. Je compte reprendre ce blog à partir de maintenant, mais je ne garantis pas la régularité ; je ne veux pas être esclave de mon blog, c'est juste un espace d'expression.

Je suis toujours très chevelue, ça pousse toujours, j'atteins gentiment le haut des cuisses :

bild 4 - kopia 

Je vous annonce aussi que ce blog ne va peut-être plus être très "chevelu". Je fais toujours des soins naturels mais je suis loin d'être une obsédée des recettes comme bien des blogueuses, donc leurs blogs sont bien plus riches et intéressants que le mien et je n'ai pas l'envie ni la possibilité d'investir autant d'énergie dans le virtuel. Ni même dans mes cheveux d'ailleurs : je les traite bien, mais de façon très simple, aussi n'ai-je pas grand'chose à dire.

En fait, je compte partager plus de réflexions sur le monde, sur la Nature, sur l'environnement, sur les gens, sur la société, bref sur d'autres sujets. Ca viendra comme ça viendra et j'espère vous surprendre souvent ;)  J'aimerais faire des articles plus courts aussi, qui me prennent moins de temps et donc que je peux poster plus souvent. D'autant plus que j'ai investi hier dans... un appareil photo ! Si si, c'est possible ! Et toujours sans smartphone s'il vous plaît.

N'oubliez pas de boire au moins 1 litre d'eau en dehors des repas et à la prochaine, mustélidés facétieux !

vavaChevalLeman02

Posté par La Chevelue à 17:52 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,
15 novembre 2015

Répondre à la terreur

Je voulais en parler, sans faire du larmoyant, et en dénonçant ce qui me paraît important. Mais je ne savais pas trop comment. Et puis j'ai juste écrit à une amie, et je trouve que c'est bien écrit, que j'ai bien expliqué mon ressenti et ma philosophie, alors voilà :

 

Côté attentats, c'est... tellement énorme et terrible que je ne sais plus comment réagir, quoi dire. "Les bras m'en tombent" : c'est exactement ce que je ressens. Le monde va mal, la terreur et la violence gagnent en Europe. Mais à vrai dire, ce qui me fait peur ce ne sont pas tellement les terroristes. Je les considère comme des fous, des psychopathes, et ça il y en a partout dans le monde, il y en a toujours eu, l'un d'entre eux peut me tomber dessus, ou sur mes proches, n'importe quand.

Non, ce qui me fait terriblement peur, ce sont les réactions de beaucoup de Français-es et autres Européen-nes : bien des gens se laissent complètement submerger par la colère, la haine, appellent à la guerre, aux représailles sur le monde arabe (c'est ça, aller massacrer des innocents va sûrement régler les problèmes de mésentente entre l'Europe et le Moyen-Orient hein), à l'expulsion des immigrés... bref bien des gens réagissent exactement de la façon qui ne peut que faire encore plus de mal, compliquer encore plus la situation, créer encore plus de dégâts, de douleur, de haine, de violence. Je pense aux immigrés du monde arabe en France (et ailleurs) qui vont avoir encore plus de problèmes, de stigmatisations, les jours et mois à venir... alors qu'ielles n'ont absolument rien à voir avec les terroristes et que la plupart ne veulent qu'une chose : juste vivre en paix, nourrir leurs familles, et ne pas avoir de problèmes.
Je vois les réactions des Occidentaux, et ça me terrifie, parce que c'est plein de racisme, d'intolérance, de haine, de violence... tout ce qu'il faut pour enclencher de la vraie grosse merde, du genre une véritable guerre. Le fascisme ne m'a jamais semblé aussi proche. C'est horrifiant.
J'ai eu une très bonne discussion avec un coloc hier à propos de tout ça, et on a quand-même réussi à aboutir à une conclusion positive : Tu te souviens, quand il y a eu Charlie, beaucoup d'artistes ont produit de magnifiques oeuvres en soutien à la France, à Charlie, à la liberté d'expression. Eh bien je me dis que c'est ça la meilleure réponse au terrorisme : ils veulent nous terroriser ?? Eh bien non, on n'aura pas peur. On sera tristes, immensément tristes face aux massacres, bien sûr. Mais on ne cédera ni à la peur, ni à la haine. On continuera de vivre, de parler, de s'exprimer, de rire, de créer. Nos vies seront plus fortes que leurs attaques. Et même, nos artistes, nos peintres, nos dessinateur-ices, nos musicien-nes, nos écrivains, nos photographes, et j'en oublie, réussiront à utiliser l'horreur elle-même pour en faire des oeuvres fortes et belles. Ils nous envoient de l'horreur, de la terreur ? Nous parviendrons à les transformer en force, en art, en beauté même.
Je vais essayer d'y participer moi-même. Je tourne dans ma tête une composition musicale sur ce sujet.
Et puis j'irai en France, je passerai à Paris si je le dois (généralement j'évite parce que je déteste cette ville, mais parfois je dois y passer, que ce soit avec les trains ou pour des concerts), je serai prudente (comme toujours) mais je ne m'enfermerai pas chez moi, ne restreindrai pas ma liberté à cause de la peur.
12219497_10153207396053202_4015773818129842002_n
Et j'aimerais ajouter que mes pensées sont à Paris... et également à Beyrouth. Cette ville a subi des bombardements la veille des attentats à Paris qui, en raison de ceux-ci, ne sont presque pas couverts et relayés par la presse internationale. A cause des horreurs en France, les horreurs de Beyrouth sont proprement niées, oubliées, passées sous silence, ignorées.
Et je pense aussi à toutes les autres horreurs qui se passent de toute façon partout dans le monde, les personnes exploitées, martyrisées, violentées, agressées, violées, sous-payées, non respectées... bref, toutes les victimes de ce monde malade. Mes pensées sont pour elles toutes, tout le temps.

10 septembre 2015

Bonne nouvelle de la peau de vache

Juste un petit article positif parce que je viens de trouver du cuir écologique, tannage végétal, et local (pour moi, suédois donc) !! Le cuir de provenance hindoue, avec élevage et abattage dégueulasses, puis tannage au chrome catastrophique pour l'environnement, en soulignant bien sûr aussi les conditions de travail des employé-es, n'est pas une fatalité ! (piqûre de rappel via Gobelalune)

tann2

(les images proviennent du site de l'entreprise)

 

Il s'agit de la maison Tärnsjö Garveri (pour les intéressé-es : prononcer [têên-chheu gAr-verI] en roulant les R), près d'Uppsala. Cette société promet du cuir provenant des élevages suédois locaux, tanné avec des extraits végétaux suédois également, des conditions de travail très bonnes pour ses employés, pas de sous-traitement, du traitement écologique de l'eau avant relâche en nature, et au final du cuir de très haute qualité. J'imagine que le prix doit être haut également, mais je suis vraiment ravie d'avoir trouvé cette adresse ! Je ne suis pas une grande consommatrice de cuir, de toute façon, mais comme j'ambitionne de faire petit à petit mes chaussures moi-même, ainsi que quelques autres accessoires, autant prendre du bon cuir, respectueux de l'environnement (le cuir de canapé c'est très bien aussi, puisque c'est du recyclage, mais ce n'est pas la même qualité, c'est clair).

tann1

J'apprécie particulière la transparence mise en avant sur le site (et confirmée par mes ami-es qui m'ont passé l'adresse) : le procédé de tannerie est expliqué en détails, ainsi que la démarche de l'entreprise, et on trouve aussi une liste des clients et revendeurs de ce cuir. Je suis très reconnaissante à ma nouvelle association de reconstitution historique de m'avoir fait connaître cette adresse ! Merci l'Ours Noir (tu ne me liras pas puisque c'est en français, mais on s'en fout) !

tann3

Voilà pour ce soir ! Un peu d'Algot, un duo suédois qui envoie du méga-pâté !!

 

Quelle est votre approche du cuir ? Vous souciez-vous de sa provenance, de son tannage ? Avez-vous vous-mêmes tenté de tanner, un jour ? Si vous utilisez du cuir pour de l'artisanat par exemple, ou de la sellerie si vous êtes cavalier-e, où vous le procurez-vous ? Avez-vous tenté de trouver comme moi du cuir "végétal", écologique et local ? En avez-vous trouvé ? Est-ce cher ? Pensez-vous que ça en vaille la peine ?

 

 

02 septembre 2015

Le meilleur esclave de l'homme

Ca fait un moment que je veux parler d'un sujet qui me tient assez à coeur : les animaux de compagnie.

 

bison010

N'ayant pas d'images personnelles pour illustrer cet article, je me suis un peu amusée.

 

Avertissement (parce qu'il faut toujours s'excuser d'avance avant qu'on nous saute sur le poil en nous faisant dire ce qu'on n'a pas dit) : Je n'ai rien contre les animaux. J'aime les animaux comme j'aime la vie en général, comme j'aime les gens aussi : il y en a avec qui ça passe et avec qui ça casse. Je n'ai pas de préjugé contre telle ou telle espèce, que ce soit un préjugé positif ou négatif *. J'ai eu de très bonnes relations avec plusieurs animaux, j'en ai même aimé certains très très fort. Donc non, je n'ai pas un problème contre les animaux en général, au contraire. Autre avertissement : ici je parle des "animaux" en entendant "les animaux de compagnie de l'être humain". Il va de soi que l'être humain est bien un animal (d'ailleurs je l'ai écrit plus bas).

* (bon, d'accord, j'aime les chèvres peut-être un petit peu plus que les chats ou les crocodiles, mais c'est parce qu'elles ont des pupilles horizontales et la sale manie de faire n'importe quoi) (c'est mon côté punk qui fond devant ces bestioles)

 

Havana_-_Cuba_-_1175

 

 

Je suis opposée au fait d'avoir des animaux de compagnie.

Pour les plus courants, les chiens et chats, c'est déjà une question d'écologie : ces animaux sont principalement carnivores, ils mangent donc de la viande. Puisque je défends l'idée qu'il faudrait réduire de beaucoup notre propre consommation de viande (je ne vais pas vous lister les raisons, si ? non), je ne vois pas comment ça pourrait être logique, cohérent, d'utiliser de la viande pour nourrir autour de moi des animaux dont je peux très bien me passer.

Pour ces mêmes animaux et pour d'autres, notamment les rongeurs et oiseaux, c'est aussi une question d'éthologie. Je m'indigne devant les cages ou appartements trop petits qui ne permettent pas à l'animal de vivre confortablement. On met nos criminels en prison pour les punir, ou pour s'en protéger, pourquoi y mettre nos animaux ? Un cheval dans un box de 3x3 mètres pendant 23 heures par jour est une abomination, car un cheval est fait pour de grands espaces. Après ça donne les chevaux tarés qui détruisent les cavaliers à la sortie du box. Et ça étonne ?? Ca donne les chiens dangereux parce qu'ils n'ont pas assez d'exercice physique (je déteste voire un husky en ville, je sais qu'il habite probablement dans un appartement), les oiseaux complètement fous qui crient tout le temps ou développent des manies désagréables (souvent bruyantes), les rongeurs qui se bouffent entre eux et la liste est infinie... Ce qui me tue, c'est qu'il y a des gens qui sont opposés à l'élevage intensif parce que les conditions de vie des animaux sont horribles, et qui infligent avec amour le même genre de tortures à leurs animaux de compagnie (je pense surtout au manque d'espace et de distractions).

Il y a aussi le fait qu'on empêche assez souvent les animaux de compagnie d'avoir des contacts avec des congénères. Je dis "assez souvent" mais en fait ça varie complètement. Les chiens sont généralement assez laissés ensemble quand c'est possible. Les rongeurs sont souvent plusieurs dans une même cage (arrrh ! une cage !!). Mais les chevaux, notamment les chevaux de valeur (monétaire), sont très souvent empêchés d'avoir tout contact avec d'autres chevaux. S'ils ont de la chance, ils peuvent se toucher le nez à travers des barreaux. Ca donne ? Les pétages de plomb quand par hasard ils se retrouvent ensemble (je pense notamment, d'expérience, aux étalons isolés des autres chevaux en permanence, qui bien sûr deviennent complètement tarés dès qu'ils croisent une jument, alors que dans la Nature ils ne sont excités que lors des chaleurs des juments, c'est-à-dire 20% de l'année au grand maximum... le reste du temps, ils vivent ensemble sans se prendre le chou).

Il y a encore un point d'écologie important, autre que la nourriture des animaux de compagnie carnivores : tous les problèmes écologiques qu'ils posent par ailleurs. Les chats sont une menace importante pour les populations d'oiseaux sauvages (ils bouffent les petits et les adultes, mais aussi simplement ils dérangent la vie des oiseaux, parce que dans un équilibre naturel il y a beaucoup moins de prédateurs, tandis que les chats domestiques pullulent littéralement). Les chiens qui s'amusent dans les forêts ou les roselières peuvent détruire encore des populations d'autres animaux. Les chevaux de loisirs engendrent des déplacements considérables de la part de leurs propriétaires. Les excréments de chats et surtout de chiens posent parfois de grands problèmes sanitaires. La liste est longue...

 

LVE-9

Je reviens, je vais vomir. Tant pour l'image que pour le texte.

 

Et puis il y a l'éthique (les tiques aussi, mais passons) :

L'être humain est la seule espèce animale qui entretient autour d'elle d'autres espèces uniquement pour son propre plaisir. Bien sûr qu'il existe dans la Nature des tas d'exemples d'interactions positives entre des espèces différentes, que ce soient des cas isolés ou que ça touche des groupes entiers (je ne sais pas pourquoi mais là je pense aux piques-boeufs) (et d'ailleurs si on sort des animaux on peut bien penser aux lichens) (mais je m'égare). Seulement l'être humain ne se contente pas d'utiliser d'autres espèces animales pour leurs ressources alimentaires ou utiles d'autres façons (traction, régulation des rongeurs, aide à chasse, etc.), mais il utilise également des espèces juste pour son plaisir. Son petit plaisir égoïste.

Ah, j'entends déjà râler là-bas au fond. On me dira que c'est faux, que l'humain jouit de la compagnie du chien mais que le chien profite de la nourriture que lui offre l'être humain, et que c'est donc un marché honnête pour les deux parties. Là où ça me chiffonne, cet argument, c'est que jamais dans l'Histoire n'a eu lieu une grande réunion des espèces où il a été décidé d'un commun accord que tous les humains passaient ce marché avec tous les chiens (d'ailleurs tous les humains ne nourrissent pas de chiens, tandis qu'un chien sans humain, s'il erre trop longtemps, a bien des chances de finir euthanasié) (est-ce qu'on euthanasie les humains sans chiens aussi ?). Vous voyez l'idée ? L'espèce humaine entière a le dessus sur l'espèce canine. D'ailleurs, un chien a un maître (ou maîtresse). Il est habituel dans nos esprits que le chien s'adapte à la vie de l'humain, qu'il lui obéisse (sinon on a le droit de le punir), qu'il se la ferme et ne bouge pas quand on ne veut pas de lui, mais qu'en revanche il réponde à la demande de compagnie de l'humain quand ça chante à celui-ci. Mais pourquoi on prend des animaux pour ça ?? Des êtres vivants ? Il vaudrait mieux prendre des poupées, qu'on peut poser sur l'étagère quand on n'a pas l'envie/le temps de jouer avec !!

Combien de chiens ai-je vus devenir complètement abrutis de paresse et d'ennui parce qu'ils devaient attendre leurs maîtres pendant des plombes sans bouger ? La vie d'un chien (en tant qu'animal de compagnie et dans notre société) est faite d'attente. Attendre d'avoir le droit de remplir la fonction pour laquelle l'humain l'a adopté : lui tenir compagnie.

 

rsz145375636_jpg_3038_north_626x_white

 

Et là, on touche d'ailleurs à un autre problème : pourquoi l'humain a-t-il donc besoin de compagnie ? Comme dit plus haut, les autres espèces ne font pas cela. L'humain se sent seul, visiblement. Le cliché de la grand-mère chérissant son Yorkshire à lui faire péter la panse sous ses noeuds roses n'est pour moi que l'extrême d'une situation simple : l'humain ne s'occupe pas assez de ses congénères, du coup il se sent seul et, comme il en a les moyens/la force/l'argent, bref la possibilité, il enferme dans son monde d'autres espèces qui n'ont rien demandé. Et si, au lieu d'adopter un chien, un chat, un hamster ou je ne sais quoi, on allait, comme toutes les autres espèces, chercher notre compagnie chez les autres humains ?

Je reviens un peu dans le passé pour parler de la domestication : A la base, l'idée d'animal de compagnie n'existait pas. Bien sûr il y avait des cas d'un perroquet blessé qu'on adoptait par affection et qui nous suivait partout. Il y a toujours eu des histoires comme ça. Mais c'étaient des cas isolés. Les premières domestications de masse sont arrivées pour des raisons utilitaires, comme dit plus haut : nourriture, traction, monte, chasse des rongeurs, aide à la chasse, à la garde des biens, etc. C'est ensuite que le chien de chasse, ou de berger, ou de garde, est devenu le compagnon de vie (je prends toujours le chien parce que c'est l'exemple le plus connu mais ça marche avec tous les animaux de compagnie). Je ne sais pas comment, mais peut-être quand l'humain a cessé de produire lui-même sa nourriture et ses outils, qu'il a créé des villes et des secteurs secondaires et surtout tertiaires, où la chasse, la garde du bétail, n'avaient plus de réalité... mais que le fait d'avoir un chien était ancré dans les moeurs ? Ce n'est qu'une hypothèse.

 

sept-jeunes-chiens-males-attendent-des-maitres-a-la-souterra_830306

 

Mais j'aime les animaux !! J'aime en avoir autour de moi, les tripoter, les caresser, les observer !

Je sais, je le vois bien chez toutes mes connaissances qui ont des animaux de compagnie (ou veulent en avoir). Et d'ailleurs moi aussi j'aime beaucoup cela ! J'aime grattouiller les chevaux, faire l'andouille avec les oiseaux ou chiens, faire ma larve sur canapé avec les chats. Mais... est-ce que mon petit plaisir égoïste justifie tous les problèmes qu'il implique ? Est-ce que mon envie de garder près de moi un animal justifie le fait que cet animal doive me suivre, s'intégrer dans ma vie qui n'est pas faite pour lui, pour ses besoins naturels ?

 

719765448_B976121219Z

Photo Manuel Litran (c), publiée par Sarah Gera pour faire réfléchir à propos des chiens abandonnés chaque année lors des départs en vacances. 140 chiens abandonnés en deux jours, qui ont dû être euthanasiés par la SPA. Sans trucage.

 

Toutefois, j'ai une solution pour vous, ami-es des animaux ! Vous voyez, je suis opposée au fait de perpétuer le concept des animaux de compagnie. Le fait de les faire se reproduire, ces animaux qui n'existeraient pas en tant que tels à l'état naturel et qui ne nous rendent pas de services directs. En revanche, à tous ces animaux qui existent déjà, je leur souhaite la meilleure des vies possibles !

Alors si on veut un animal de compagnie, pour moi, il faut aller le récupérer à un refuge animalier. Et lui offrir la meilleure vie possible selon ses besoins... quitte à modifier la nôtre en conséquence.

 

 

On va finir avec Bazar Blå, une vraie merveille.

 

Que pensez-vous des animaux de compagnie ? Avez-vous déjà réfléchi à cette problématique ? Comprenez-vous l'aspect écologique de mon opinion ? L'aspect éthique ? L'aspect éthologique ? Est-ce que l'un des aspects vous touche plus que les autres ? Voyez-vous d'autres problèmes que je n'ai pas cités ? Si vous avez un animal, êtes-vous allé-e le chercher dans un refuge ? Pour quelles raisons ?

18 juillet 2015

Tortillages révolutionnaires pour cheveux ondulés

Mentionnée plusieurs fois à demi-mot sur le forum des chevelus, suscitant moult questions curieuses et spéculations pleines d'imagination, ma méthode révolutionnaire de séchage des cheveux qui me permet d'avoir des tifs qui ressemblent à quelque chose (et non une masse sans forme, sèche, comme collée, emmêlée autant que faire se peut, pas lisse mais avec des frisottis stupides, volumineuse sans boucles, avec des pointes toutes raides) va se voir enfin dévoilée dans cet article !

Retenez votre souffle, ça va être grandiose.

 

01

Il s'agit, en cours de séchage, de tortiller, d'enrouler régulièrement les mèches de ses cheveux, toujours dans le même sens.

Voilà, c'est tout !

Ah si, un peu de gel de lin pschitté de temps en temps au cours du processus rend le résultat encore plus chouette, plus brillant, plus défini, plus hydraté, bref : mieux. Et juste avant séchage complet, une tresse où l'on tortille également chaque brin pendant que l'on tresse parfait le tout. On la garde environ 24h, et quand on la défait, on ne brosse pas, on fait juste un coup de headbang avant-arrière, et crinière d'ondulations de malade (comme sur quelques photos récentes que vous avez pu apprécier ces derniers temps).

Allez, je vous détaille un peu ça, mais franchement, c'est hyper simple.

collééé01

On prend une mèche un peu humide à peu près de la taille d'un doigt, on la démêle doucement avec les doigts.

 

collééé02

Puis on l'enroule autour des doigts, toujours dans le même sens, en glissant petit à petit vers les pointes.

 

11

Et puis on prend une autre mèche, et on recommence !

 

Révolutionnaire, je vous dis ! Ou pas. J'essaie de vendre un concept super simple en le faisant passer pour de la haute technologie. Les publicistes y arrivent, ou en tout cas essaient de toutes leurs forces, hein...

Je ne sais pas si cette méthode fonctionne pour tous les cheveux, enfin, je ne pense pas que ça puisse faire le moindre mal à des cheveux (tant qu'on ne tire pas comme une brute, mais bon, ça, ça ne fera jamais de bien aux tifs de toute façon), mais je doute que ça puisse définir des ondulations sur des cheveux raides de base. Et je ne sais pas du tout ce que ça donnerait sur des cheveux très bouclés voire crépus (essayez, et dites-moi). En revanche, pour des cheveux moyennement ondulés comme les miens (oui, de base, je suis ondulée, voire j'ai même des boucles lâches, mais entre le poids de mes tifs et quelques soins aplatissants genre shikakai, ça a l'air assez raide la plupart du temps... mais il suffit de voire les frisouilles que je me paie en cas de pluie ou de brouillard pour comprendre que je suis tout sauf raide !), ou légèrement bouclés (mon ami le Boeuf Musqué a essayé aussi, il a des boucles légères, ça les lui a sublimées), ça marche ! Surtout, pour moi, ça me permet de retrouver une forme de cheveux définie, mes ondulations de base. Et ça me rend aussi les cheveux très doux, souples et brillants, même sans gel de lin, bien que je ne sache absolument pas expliquer pourquoi ni comment. J'ai juste commencé un jour à tortiller mes cheveux, et je n'ai pu que constater l'effet que ça leur faisait.

Bon tortillage, et venez me dire ce que ça provoque chez vous comme résultat (ou pas) !

17 juin 2015

Pourquoi l'agriculture ?

L'été dernier je gardais des moutons en Suède, cette année y'a aussi des moutons (mais je ne les garde pas, ils sont quasi sauvages), ça parle aussi germanique, mais je suis en Norvège. Scandinavie, quand tu nous tient... Je suis dans une ferme en wwoofing, donc pour faire un peu d'agriculture avec mes mains de musicienne qui perdent leur côté costaud à ne pas travailler dans la terre (il fallait remédier à cela). Donc retour aux sources avec des céleris, salades et chouraves à planter, des adventices (on ne dit pas "mauvaises herbes" quand on est poli-e) à arracher, bref du boulot agricole. Tout bio, quasi tout à la main. La base.

Et la question qu'on peut se poser, c'est : pourquoi l'agriculture ?

 

1005615_519649084756108_415893123_n

Toutes les photos illustrant cet article sont de Brenda Runahild Dahl, dans la ferme de qui je suis.

 

Parce que l'agriculture, c'est la base de la vie. Ce que je vais dire va peut-être paraître totalement évident à certaines personnes (et tant mieux ! et bravo à elles), mais je pense qu'il est extrêmement important de le souligner, de l'expliquer, le dire encore et encore.

L'agriculture, donc, c'est la base de la vie. C'est elle qui fournit notre nourriture, et sans ça, pas besoin de dessin, on meurt. Elle fournit également bien d'autres choses, notamment le textile pour nous vêtir (je refuse de considérer l'industrie pétrochimique comme une alternative viable côté textiles, vu que cette industrie n'est PAS viable, et ne le sera jamais). Nourriture, vêtements : des choses essentielles.

 

17643_820793651308315_1261390646807940653_n

 

Donc quand je parle d'agriculture, ce n'est pas un loisir. Je ne fais pas ça parce que j'y trouve particulièrement de plaisir (quand il fait bon et qu'il faut juste tuteurer les petits pois, aucun souci, j'adore ça, mais aller désherber dans les orties sous des trombes d'eau, ce n'est pas particulièrement ce qui me botte, v'voyez) (et la botte, là, elle est carrément nécessaire) (pardon, c'est nul mais j'étais obligée). Je me suis mise à l'agriculture parce que j'ai compris que c'était ce qu'il faudrait que tout le monde fasse, en fait.

J'ai une hiérarchie mentale de l'utilité pratique, concrète des professions. Un-e médecin, un-e enseignant-e, tout le monde comprend que ce sont des professions importantes, utiles. Les cordonnier-es ou potier-es sont mal reconnus aujourd'hui, pourtant ce sont aussi des métiers absolument nécessaires à tout le monde (enfin, à la base ça l'est, mais vu que l'artisanat se prend dans les dents toute l'industrie, ces savoirs-faires sont aujourd'hui très peu reconnus) (ce qui me fait hurler, et c'est pour cela que je me bats pour l'artisanat, pour qu'il soit reconnu et encouragé, au lieu des industries). Mais banquier-e ? Vendeur-euse d'assurances ? Directeur-ice en management interne dans une entreprise de vente par correspondance ? On peut m'expliquer ce que ces personnes apportent concrètement aux autres ? Je ne peux pas manger mes relevés de banque, je ne peux pas me chauffer avec mes contrats d'assurance, et les catalogues ne vente par correspondance ne me sont d'aucun secours quand je me blesse. Comment est-il possible qu'un banquier reçoive mille fois plus de respect qu'un maçon ? Le banquier cherche à produire de l'argent (pour vous et pour lui, au maximum), le maçon bâtit les murs de votre maison...

Je m'égare un peu. Dans ma hiérarchie mentale, la profession qui a le plus d'utilité pratique, directe, concrète, pour l'humanité, c'est bel et bien l'agriculteur-ice, le cul-terreux, le péouze, la fermière, le berger, la gardeuse d'oies, le-a paysan-ne. Ce sont ces personnes-là qui nourrissent le monde. A ce titre, elles mériteraient du respect, tout le respect possible.

 

1470232_572556372798712_243672020_n

 

Imaginons un peu... Une agriculture sans grosses machines. Il faut des gens pour herser, dépierrer, désherber, semer, conduire et garder les animaux, les soigner, pour planter, tuteurer, récolter... Beaucoup de gens, dans notre société et dans le monde entier, n'ont pas de travail, ou des boulots tellement abrutissants qu'ils broient la dignité d'un être, son inventivité, sa créativité, sa motivation à vivre, sa liberté évidemment. Si ces personnes, au lieu de chercher un travail abrutissant (ou inutile en termes concrets) ou d'en avoir un, allaient mettre leurs mains dans la terre, les pierres, le bois, le poil, le végétal... tout le monde aurait du travail, il y en aura toujours largement assez. Et si tous ces gens le faisaient, donc, et qu'aucune élite, d'aucune sorte, ne leur piquait les fruits de leur boulot (parce que la noblesse médiévale, l'aristocratie guerrière celte et romaine, les tyrans religieux d'un peu partout n'ont jamais rien glandé, se sont contentés de marcher sur les gens de la terre et de leur piquer la nourriture produite) (sans ces saligauds, on aurait une foule de bons exemples de systèmes agricoles prospères, équilibrés et heureux, où personne ne s'épuise ni n'a des conditions de vie et de travail misérables)... hé bien on aurait de la bonne nourriture. Produite dans le respect de la terre, du sol, de l'air et de l'eau. Bien suffisamment (on produit aujourd'hui plus de nourriture que nécessaire pour la population mondiale, le problème, c'est que bien des gens qui ont besoin de cette nourriture n'ont pas les moyens de l'acheter : le problème n'est pas agricole, mais bien économique) (et c'est pour cela que je tape sur les banquiers). En bossant, mais sans s'épuiser non plus. Pas d'ennui, et pas d'opression non plus. L'impression d'être utiles, utiles au bien commun, le sien propre et celui des autres en même temps.

Je suis convaincue, non, certaine, que cela est possible. Peut-être pas ici, pas maintenant, pas tout de suite, mais dans l'absolu, tant qu'on n'est pas dans une période glaciaire, se nourrir bien en travaillant raisonnablement et sans subterfuges industriels est réellement possible. Il faudra toujours se garder des tyrans décrits plus haut, parce que si on regarde l'Histoire, c'est bien toujours à cause de celleux-là que les sociétés étaient déséquilibrées. Mais si on imagine que c'est possible de les renverser avant qu'ielles ne fasse de dégâts (ou encore mieux, de s'éduquer de façon à ce que personne n'aie la pulsion de se conduire comme ça) (pendant qu'on est dans l'utopie, poussons-la au bout), c'est possible.

 

1385134_555541364500213_1388429417_n

 

Ce que j'aimerais vous dire avec ce message un peu fouillis, c'est : prenez conscience de l'importance de l'agriculture, qui nous fournit la base de notre vie. Et même si vous n'avez pas d'argent (c'est mon cas), donnez-lui quelque chose qui ne coûte rien et que nous avons tou-tes : du temps. Quel que soit votre métier, votre âge, votre situation de ci ou de ça, allez vous frotter à l'agriculture. Participez à ce qui devrait être l'effort général de tout le monde : la production de nourriture.

Entrez dans une AMAP (paniers de légumes réguliers à un prix très bas en échange de quelques jours de travail et de votre engagement à être client-e de la ferme pour une durée déterminée). Allez faire des stages de permaculture. Aidez le voisin de votre grand-mère campagnarde à déplacer ses moutons d'un pré à l'autre. Allez faire les vendanges une fois dans votre vie. Faites votre service civil dans quelque chose en rapport avec l'agriculture. Acceptez ce contrat de trois semaines comme ouvrier-e agricole si vous êtes au chômage. Voyagez grâce au wwoofing (travail agricole en échange de logement, nourriture et formation en agriculture écologique). Ou même, simplement, montez un potager (même sur un balcon ! même rien que des herbes aromatiques, c'est un début !), mangez vos salades, et allez en offrir aux voisins quand vous en avez trop.

Vous toucherez un peu à la base de la vie. Oui, c'est dur. C'est dur aussi parce que l'agriculture d'aujourd'hui produit pour nourrir les citadins, de tous les gens qui ne produisent pas de nourriture (ou d'artisanat) (ou d'autres choses importantes comme les bâtiments, etc.)... alors essayons de ne pas trop grossir les rangs de ces derniers. Grossissons au contraire les rangs des producteur-ices, au maximum ! Si vous vivez cela, vous saurez d'où vient votre nourriture, ce qu'elle implique comme efforts, comme travail, comme processus. Et même si vous retournez à une vie citadine ensuite, vous aurez ouvert votre conscience à ce propos. Vous aurez participé, même un petit peu...

 

10151286_632892923431723_692926212_n

 

Bons doigts dans la terre, petites graines de consciences !

Et un peu de trad' suédo-celtique pour accompagner tout ça :

Olov Johansson et Catriona McKay